17/10/2017

Ouverture des droits au cours de l'évolution de la maladie, un parcours du combattant

En 1997, j'ai fait une dépression due à mon travail très intense.

En parallèle, je commençais à avoir divers problèmes physiques pour lesquels plusieurs généralistes m'ont dit ne rien détecter de particulier. J'exerçais le métier de serveuse.

Afin de recevoir les indemnités journalières de la sécurité sociale tous les quinze jours, je devais très régulièrement retourner chez mon médecin afin de renouveler mes arrêts maladie.

Finalement suite à un examen plus poussé à ma demande, mon état physique se détériorant, j'ai reçu le diagnostic de sclérose en plaques.

J'ai lancé un dossier à la COTOREP (organisme remplacé par la MDPH) pour être reconnue en invalidité, avant la fin de mon arrêt de travail pour longue maladie.

Le traitement du dossier fut interminable.

C'est la présence de mon compagnon qui me permettait de subvenir aux besoins de base.

En 1998,j'ai demandé une orientation professionnelle qui fut classée sans suite car l'assistante sociale considérait qu'il était mieux de ne pas travailler avec cette pathologie.

J'ai quand même reçu plusieurs convocations du médecin de la COTOREP.

En 1999, je reçois la réponse de la COTOREP : la carte invalidité et l'AAH étant refusés refusés et l'incapacité reconnue seulement à 40%. Je conteste la décision.

En 2000, Je reçois une convocation au tribunal des affaires sanitaires et sociales  suite à ma demande de recours. Présence de psychologues, médecins etc... J'ai très mal vécu ce moment d'interrogatoire, non justifié dans la mesure où j'attendais une réponse pour être reconnue invalide.

Trois longues années passent et je n'ai toujours rien. Dossier. Refus...Je n'ai aucune reconnaissance, pas d'argent et la maladie !

En 2001, je lance un nouveau dossier auquel j'aurais une réponse en 2002 : je ne suis reconnue qu'à 60%, je n'ai droit à rien.

En 2002, d'autres dossiers sont envoyés et d'autres refus sont reçus.

Les dossiers se croisaient où se perdaient.

Entre la COTOREP et la CAF, il y avait toujours un papier à fournir.

Les deux organismes se « renvoyaient la balle » et en attendant, je n'avais toujours aucun revenu côté CAF.

Je reçois enfin une régularisation des droits de la CAF.

En 2004, je suis reconnue invalide à 80% : je reçois donc l'AAH, le complément de ressources, le macaron et la carte d'invalidité à 80%.

En parallèle du dossier COTOREP, je fais un dossier pour la pension d’invalidité.

Je suis convoquée par le médecin de la sécurité sociale pour faire un examen.

Je demande une majoration de tierce personne, donc nouveau dossier. Je suis reconnue en catégorie 2 dans un premier temps, ce qui ne me permet pas d'obtenir la tierce personne qui est accordée seulement lorsque l'on est en catégorie 3.

Je fais donc une nouvelle demande, et je suis convoquée une nouvelle fois par le médecin de la CPAM.

Cette fois il me précise qu'il m'accorde la majoration de tierce personne.

J'ai donc obtenu ma pension d'invalidité et la majoration de tierce personne le 1er décembre 2004.

J'ai vécu 3 ans de galère administrative en plus de la maladie...

Commentaires

Une meilleure orientation dès le diagnostic de la maladie aurait facilité l’accès aux droits: notamment un passage en invalidité avant les trois ans durant lesquelles les indemnités journalières sont payées par la sécurité sociale.
Ce témoignage permet de souligner que 2 systèmes indépendants interviennent quand la maladie oblige à arrêter définitivement son activité professionnelle :
L’assurance maladie, à condition que le salarié ait suffisamment cotisé - possibilité de demander un maintien de salaire puis de toucher des indemnités journalières avant de bénéficier de la majoration de tierce personne une fois ce .
La MDPH qui fixe le taux d’invalidité et qui peut accorder les aides rattachées à ce taux : AAH (c'est la caf qui paie par contre), aides à la compensation.
La personne peut aussi bénéficier de droits liés à un contrat de prévoyance souscrit auprès de sa mutuelle.
Ce témoignage exprime fortement la complexité des démarches à effectuer et l’usure de devoir toujours faire reconnaître son incapacité de travailler. Nous recommandons, dans ces situations, de solliciter Juris Santé qui très vite examinera avec la personne tous les droits possibles à ouvrir : http://www.jurissante.fr/

Écrit par : groupe Veille accès aux droits | 17/10/2017

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